Nouveau

Hello world!

Welcome to WordPress.com. This is your first post. Edit or delete it and start blogging!

Publicités

Revue de presse

Faudrait pas croire qu’il en va de même pour les auteurs et pour les libraires (les gros, j’entends): un mois après la parution d’un bouquin, il existe toujours pour son auteur. Donc, « Taxi, Take off & Landing », dont on vous a rebattue les oreilles pendant plus d’un mois, est toujours en vente et c’est d’ailleurs un libraire qui nous le rappelle en tête de la colonne « Le choix des libraires » du numéro de novembre de Lire. La preuve par l’image.

LABO

 

#53

 

Les équipes du PetLabPotGlob ayant été particulièrement mobilisées par l’énorme campagne publicitaire développée autour de la sortie de Taxi, take off & landing, le dernier roman de notre directeur, un impressionnant retard s’est accumulé sur nos paillasses.

Alors certes, cette semaine, il n’y aura toujours pas 12ème chapitre de Merci de ne pas nourrir les animaux. En revanche, quatre bouquins à l’affiche :

La maison où je suis mort autrefois, de Keigo Higashino

Télescopages, de Fabienne Yvert

Et pourtant je tourne, de Claude Chabrol

Suite(s) Impériale(s), de Bret Easton Ellis

 

Bonnes lectures.

Potentiels du suspense japonais La maison où je suis mort autrefois de Keigo Higashino


@font-face { font-family: « Arial »; }@font-face { font-family: « Cambria »; }p.MsoNormal, li.MsoNormal, div.MsoNormal { margin: 0cm 0cm 10pt; font-size: 12pt; font-family: « Times New Roman »; }p.Lettres, li.Lettres, div.Lettres { margin: 0cm 0cm 10pt; text-align: justify; font-size: 12pt; font-family: « Times New Roman »; }div.Section1 { page: Section1;

Récipiendaire du prix du roman policier international de Cognac 2010, Keigo Higashino ne s’est pas déplacé puisqu’il vit terré dans son île de l’archipel japonais. Ce premier roman traduit en France nous laisse à penser qu’il a bien raison.

A la mort de son père, Sayaka reçoit une enveloppe dans laquelle elle trouve une clé et un plan menant dans une région montagneuse qu’elle ne connaît pas. Effrayée par la perspective de devoir fouiller dans une enfance dont elle ne se souvient plus, elle demande alors à son ex petit ami de l’accompagner dans son voyage. A deux, ils vont découvrir une étrange maison, le journal intime d’un jeune garçon, et reconstruire petit à petit le passé de Sayaka, devenue une mère malheureuse et maltraitante.

Aux dires de la courte bio du quatrième de couverture, Keigo Higashino, né en 1958, est l’un des plus importants auteurs de polars japonais. Aux dires du président du jury du festival du roman policier de Cognac qui lui remettait la semaine dernière le prix du polar international 2010, Higashino est aussi un homme qui ne quitte jamais son île, ni sa maison, coupé du monde.

Assez peu étonnant quand on découvre cette Maison où je suis mort autrefois. Du reste, on ne la découvre pas, on plonge dedans et c’est plutôt compliqué de s’arrêter. Au PetLab, on n’hésite rarement à brandir de grandes phrases définitives. Ne nous privons donc pas cette fois encore et disons-le tout net : Higashino vient de réinventer le whodonit, ce style de roman à intrigue dont le principe repose sur la découverte au fil des pages du meurtrier. Là, la première question est de savoir s’il y a un meurtre. Ce que découvrent les deux personnage, c’est une maison, mystérieusement vidée de ses habitants il y a vingt trois ans, à une heure très précise : 11H10, comme l’affichent toutes les pendules de l’endroit. La seule chose sur laquelle ils peuvent s’appuyer, c’est le journal intime d’Yusuke, enfant de moins de dix ans, qui habitait là avec ses parents. Dans ses pages, Yusuke raconte un quotidien plutôt agréable qui tourne lentement au drame. Oui, mais quel drame ? On le sait bien, un journal n’est pas forcément un endroit où l’on raconte tout par le détail puisqu’on en est soi-même l’auteur.

Sur deux cent cinquante pages, Higashino nous ballade donc dans toutes les hypothèses envisagées par Sayaka et son ami. Dans la ligne de mire, la possibilité pou la jeune fille de retrouver la mémoire de son enfance puisque son père semble étroitement liée à cette maison.

Ce roman est effroyable de simplicité et de fractures. Toutes les théories échafaudées par le couple s’effondrent les unes après les autres. Toutes les lectures faites du journal s’avèrent faussée par de nouveaux éléments. Avec si peu d’éléments, La maison arrive à nous embarquer dans une angoisse allant crescendo. Ici, point de rideaux de pluie masquant des créatures rampantes à cheveux longs et gras, point d’enfants apparaissant de dos dans des couloirs désaffectés. Juste une terrible objectivité victime de l’interprétation de deux personnages totalement aveugles.

La maison où je suis mort autrefois, avec une économie de moyens exceptionnel est sans aucun doute l’un des romans les plus flippant de ces dernières années.

@font-face { font-family: « Arial »; }@font-face { font-family: « Cambria »; }p.MsoNormal, li.MsoNormal, div.MsoNormal { margin: 0cm 0cm 10pt; font-size: 12pt; font-family: « Times New Roman »; }p.Lettres, li.Lettres, div.Lettres { margin: 0cm 0cm 10pt; text-align: justify; font-size: 12pt; font-family: « Times New Roman »; }div.Section1 { page: Section1; }

La maison où je suis mort autrefois

Roman de Keigo Higashino

Traduit du japonais par Yutaka Makino

253 pages – Actes Noirs/Actes Sud – 2010

Potentiels du dérangement Téléscopages de Fabienne Yvert


@font-face { font-family: « Arial »; }@font-face { font-family: « Cambria »; }p.MsoNormal, li.MsoNormal, div.MsoNormal { margin: 0cm 0cm 10pt; font-size: 12pt; font-family: « Times New Roman »; }p.Lettres, li.Lettres, div.Lettres { margin: 0cm 0cm 10pt; text-align: justify; font-size: 12pt; font-family: « Times New Roman »; }div.Section1 { page: Section1; }

Pour les lecteurs débutants du PetLabPotGlob, sachez qu’il y a dans la colonne de droite une case appelée Thématique dans laquelle vous trouverez tous les articles précédemment écrits sur les Editions Attila. Pour les autres, voici la dernière trouvaille de ces défricheurs impénitents.

De 1997 à 2002, Fabienne Yvert rédige une collection de fiches autobiographiques qu’elle envoie régulièrement à une liste d’abonnés. Parallèlement, elle stocke les originaux dans une boite. Lorsque l’empilement des fiches atteint le sommet de la boite, elle cherche le moyen d’en faire une livre.

Ce coup-ci, les Attila n’ont pas eu besoin de chercher un graphiste à la hauteur du texte à publier. Fabienne Yvert écrit et dessine. Elle vit aussi au bord de la Méditerranée, dans une petite maison, au creux d’une calanque. Et comme elle fait partie de ces gens qui ne supportent pas de s’ennuyer, qu’elle a plusieurs cordes à son arc, elle occupe son temps entre rédaction, création plastique et déambulations béates. En ce sens, Télescopages porte bien son titre. Tous les petits évènements d’un quotidien somme toute assez voisin du notre sont assemblés selon une chronologie par toujours orthodoxe, sans grande logique, sans grands effets de manche, mais avec un sens notable du raccourci qui confine à l’instantané photographique. Qu’elle nous fasse profiter d’une recette de cuisine ou d’un bain de pied accidentel dans la Manche, Fabienne Yvert s’exprime avec la candeur d’un rédacteur de journal intime que personne ne lira jamais. Sauf que.

Quelques années avant l’ennuyeuse folie de l’autofiction, Fabienne Yvert a la joyeuse idée de mettre en place cet assemblage décousue et épistolaire du quotidien. Tout est publiable, pour peu que l’idée prime sur le contenu. Ici, la petite phrase concurrence le résumé du diner de la vielle. C’est Twitter et Facebook dix ans avant leur invention. La plasticienne y joint des dessins de son cru, linogravures concoctés dans son atelier face à la mer.

Télescopages se lit comme un carnet retrouvé dans un vieux sac, perdu en cour de déménagement. Une autre vie qui ressemble à la notre, à celle de notre voisine, sans fioriture.

Avec Attila, Fabienne Yvert a trouvé la seule maison d’édition capable de mettre en page ce rapport journalier d’une vie pour en faire un livre incontestablement curieux et addictif.

Télescopages

Livres de Fabienne Yvert

200 et quelques pages – Attila – 2010

Potentiels de la leçon de choses Et pourtant je tourne de Claude Chabrol


@font-face { font-family: « Arial »; }@font-face { font-family: « Cambria »; }p.MsoNormal, li.MsoNormal, div.MsoNormal { margin: 0cm 0cm 10pt; font-size: 12pt; font-family: « Times New Roman »; }p.Lettres, li.Lettres, div.Lettres { margin: 0cm 0cm 10pt; text-align: justify; font-size: 12pt; font-family: « Times New Roman »; }div.Section1 { page: Section1;

On ne dira pas qu’à 80 ans, Claude Chabrol est parti trop tôt. Mais en lisant cette autobiographie de 1976 en forme de leçon de cinéma, on se dit juste que la mort l’a surpris alors qu’il n’en avait pas encore fini avec le cinéma.

Claude Chabrol est né en 1930 et découvre le cinéma à 4 ans, en suivant ses parents dans une salle parisienne où l’on projette Anthony Adverse, film américain de Mervyn Leroy. C’est sur ces mots que commence la seule autobiographie qu’ait écrit Chabrol. C’était en 1976. Cette année là devait sortir Twist, son… trentième film depuis Le beau Serge en 1958. Chabrol avait alors 46 ans.

On peut dire assez rapidement que Et pourtant je tourne est un joli foutoir, un merveilleux fourre-tout et un glorieux bilan. Chabrol répond à une sorte de commande, en écrivant ses mémoires de milieu de carrière alors qu’il est déjà l’un des réalisateurs français les plus prolifiques et de sa génération, et de l’histoire française des arts. Oui, comme il le dit lui-même dans ce qui va vite s’avérer être plus une leçon de choses cinématographiques qu’un pensum savant et hagiographique, malgré la somme d’embuches qu’est la mise en place d’un film, Chabrol tourne.

Farceur, semi-délinquant, politique, critique, vivant et viveur virulent, Claude Chabrol apparaît dans cette génération gaullienne où tout semble en devenir. Les maîtres d’hier sont devenus contestables. Duvivier, Autant-Lara, Gance, c’est le cinéma de papa. Le seul que l’on accepte encore de sauver, c’est Renoir. Pagnol aussi, pour la verve de ses acteurs. Étonnamment, Chabrol s’étend assez peu sur la période des Cahiers du Cinéma au sein desquels il fut un critique acerbe, en concurrence direct avec le trublion Truffaut qui pouvait faire pleurer avec sa plume à l’acide. Le beau Serge se tourne dans le village creusois où il passa son enfance. L’acte fondateur passe comme une récréation. A partir de là, l’autobiographie glisse vers la leçon de cinéma. Non pas sur le thème de « comment il faut tourner un film » mais « comment un film se tourne ».

Entremêlant les souvenirs, Chabrol nous pond en parallèle une série de fiches décrivant soigneusement le rôle de tous les techniciens présents sur un plateau. Et pourtant je tourne devient alors un ouvrage à l’usage du petit apprenti réalisateur, avec témoignages à l’appui (chef opérateur, cadreur, ingénieur du son, script, directeur de production). Les portraits tracés, pour qui a déjà mis les pieds dans une production cinématographique, nous montrent que rien n’a changé dans cette profession. Mais au-delà de ça, c’est un instantané fidèle d’un monde, le seul sans doute, qui en son sein, regroupe un nombre impressionnant de corps de métiers. Une entreprise horizontale et verticale provisoire destinée à la fabrication d’un seul et unique produit.

Plus qu’une simple autobiographie, Et pourtant je tourne est donc un réjouissant guide pratique fourmillant des détails et anecdotes faisant le quotidien de cet art éphémère qu’est le cinéma. Tout ça vu par un gosse de presque cinquante ans que la mort a fini par censurer cet été en sonnant la fin de la récré.

Et pourtant je tourne

Autobiographie de Claude Chabrol

372 pages – Ramsay Poche Cinéma – 1976

(ce livre n’est très certainement plus disponible ailleurs que chez les bouquinistes)

Potentiels de la déception Suite(s) Impériale(s) de Bret Easton Ellis


@font-face { font-family: « Arial »; }@font-face { font-family: « Cambria »; }p.MsoNormal, li.MsoNormal, div.MsoNormal { margin: 0cm 0cm 10pt; font-size: 12pt; font-family: « Times New Roman »; }p.Lettres, li.Lettres, div.Lettres { margin: 0cm 0cm 10pt; text-align: justify; font-size: 12pt; font-family: « Times New Roman »; }div.Section1 { page: Se

Vous avez sans doute vous aussi vécu ces petites frustrations qui vous rendent incroyablement amère, même avec vos meilleurs amis. Après cinq ans d’absence, c’est tout ce que nous réserve le dernier Bret Easton Ellis.

Clay a pris vingt cinq ans dans les mirettes depuis ses longues soirées de débauche avec ses camarades de l’université de Camden. Il est aussi devenu un écrivain très couru, très à la mode à Hollywood et comme il se doit, un scénariste plutôt demandé. De la bande des années 80, il ne reste que des quadras richissimes qui ont tous plus ou moins réussi à se payer une villa sur les hauteurs de Mulholland. Los Angeles, c’est le pied ! Jusqu’à ce qu’un cadavre apparaisse, tellement martyrisé qu’à la première vision, on dirait un drapeau américain. Jusqu’à ce qu’un homme disparaisse, quelque part dans les vallées environnantes. Jusqu’à ce qu’une fille débarque et que Clay se retrouve sous surveillance, menacé par d’étranges SMS anonymes.

Il y a quelques années, notre directeur des ressources s’était violemment emporté contre la dernière production en date de Chuck Palahniuk. A l’époque, cet auteur lui inspirait beaucoup de respect. Et puis, avec A l‘estomac, la dégringolade était apparue. Excessivement frustré par la lecture interrompue de ce livre inutile, SG avait littéralement brulé le papier.

Voilà cinq ans que nous attendions avec une impatience de vierge, le prochain opus de Bret Easton Ellis. En achevant – dans les larmes, avouons-le sans honte – Lunar Park, on se posait cette question, finalement assez inquiétante : qu’est-ce qu’Ellis va bien pouvoir être capable d’écrire après un truc pareil ? La réponse tombe donc cinq ans plus tard : rien !

Commençons par l’aigreur et n’hésitons pas à être vulgaire. Putain, faudrait quand même voir à pas nous prendre pour des cons ! Ellis, qui doit toucher des à-valoirs du monde entier atteignant des sommes stratosphériques, n’est capable en cinq foutues années que de nous pondre deux cent pages, et non content de faire de la rétention, il avoue son incapacité passagère, en faisant une suite à l’un de ses romans les moins captivant : Moins que zéro ! « Attendez, j’ai pas tout dit la dernière fois ! » Voilà ce que nous crache cette feignasse. Alors, oui, nous l’avouons sans ambages, on vient de subir le désagréable syndrome du taulard fraichement sorti de sa geôle un jour de grève des péripatéticiennes.

Ensuite, retirons l’aveuglement agacé et regardons-y à deux fois : après tout, Ellis est loin d’être un manche, même une novelette reste incontestablement valable. Alors oui, il y a l’ambiance BEE, certifiée conforme, avec sa paranoïa habituelle partagée entre la plupart des protagonistes. Des images presque transcendantes, comme ce cadavre qui ressemble au drapeau américain, avec les trainées de sang sur son costard blanc et sa tête qui a viré au bleu. Le style, relativement inimitable, ces phrases comme des décharges subites de conscience au milieu d’un état superficiel global. Sous leurs peaux perpétuellement neuves, les personnages sont toujours aptes, au moins sur trois – ou après trois – lignes de se remettre un peu en question. Il y a toujours cet aspect de loin en loin surnaturel, amené par un état mental sans cesse raboté par les drogues. Le réel de Bret Easton Ellis est toujours un accident en pleine ligne droite, comme tombé du ciel.

Mais dans ces Suite(s) Impériale(s), il n’y a pas de quoi s’enflammer comme semble l’avoir fait la presse internationale dont il faut toujours se méfier lorsqu’elle est citée en quatrième de couverture. C’est intelligent, bien manier, mais d’un terrible tire-au-flanc.

Avec deux cent pages de plus, on aurait presque pardonné cette séquelle de Moins que zéro. Là, désolé, mais on se fait retirer la gamelle un peu trop vite. Donc, comme tout bon chien qui se respecte, on mord la main qui frustre.

Suite(s) Impériale(s)

roman américain de Bret Easton Ellis

traduit de l’anglais par Pierre Guglielmina

228 pages – Robert Laffont Pavillons – 2010